Pour Millénaire3, le site de prospective de la métropole du Grand Lyon, l’agence de design d’intérêt général Vraiment Vraiment a décrit les formes de l’action publique, une tentative d’élaboration d’un alphabet de l’action publique

Et si l’utopie pragmatique des communs pouvait compléter et enrichir cet alphabet ?

Et s’il fallait esquisser un alphabet de l’action publique en communs pour un monde habitable ?

Retrouvez l’ensemble de la série.

Que fait l’action en communs?

L’action en communs a fait émerger un nouveau type d’espaces publics autogérés, les tiers-lieux. Sans entrer dans des débats de définitions, les tiers-lieux peuvent-être vu comme une dynamique d’équipements souvent frugaux et autogérés qui permettent à des communautés productrices ou utilisatrices d’objets, de logiciels, de contenus, d’oeuvres d’art, etc. de se développer autour d’actions ou de ressources collectives.

Le site le plus complet, le plus intéressant à ce sujet est le wiki Movilab créée dans le sillage de la Thèse d’Antoine Burret sur les Tiers-lieux. Ce site démontre clairement l’esprit des tiers-lieux dans leur approche “en communs” : co-conception ouverte de solutions, l’enjeu des licences ouvertes de la documentation.

Leur émergence sur les territoires est symptomatique de l’absence de prise en compte de ces usages par équipements publics déjà financés au nom de l’intérêt général (principalement ici bibliothèques et écoles), pourtant nombreux en France. Pourquoi les fonctions sociales nécessaires aux communs (se rencontrer, construire ensemble, se connecter, etc.) n’ont-elles jamais pu se déployer dans les équipements publics existants ?

Si l’on pense au télétravail ou au travail des indépendants, les bibliothèques ont les infrastructures pour, mais n’ont jamais eu la souplesse (ni les moyens) d’orienter leurs services et leurs horaires en ce sens…

Si l’on pense aux ateliers de bricolage en communs, les écoles pourraient tout à fait développer ces fonctions, là encore elles ont très souvent les infrastructures pour, mais n’ont que très rarement pris ce rôle faut d’avoir su s’ouvrir en dehors des temps scolaires pour valoriser leurs équipements…

L’émergence des tiers-lieux dont la grande majorité est privée, associative et souvent précaire découle directement de l’inadaptabilité des équipements publics qui ne sont pas conçus pour ouvrir et faire évoluer leurs fonctions une fois construits. On notera par exemple que les investissements publics portent sur l’amorçage de structure privées et non pas sur le maillage d’un réseau d’équipements publics…

Plus largement, le développement des maisons France service, résonne comme l’échec de faire des mairies des maisons de la citoyenneté efficaces et reconnues comme telles.

Quels enjeux pour des partenariats publics-communs?

La conception des équipements publics et leur fonctionnement sont profondément interrogés par les communs. Les possibilités de partenariats sont multiples !

Sur la conception, l’enjeu est celui de la maîtrise d’usage, entendu selon cette l’approche développée dans cet article de la 27e Région :

“Enfin, la maîtrise d’usage est, en reprenant les mots d’Alain Vulbeau,« est une façon de nommer la compétence des usagers, ce que l’on peut exprimer de façon très élémentaire ainsi : les usagers ont les savoirs et en conséquence doivent détenir les pouvoirs issus de leur maîtrise du sujet à l’ordre du jour. La maîtrise d’usage pose l’existence d’usagers qui ne sont pas seulement des consommateurs passifs mais des acteurs réfléchis et créatifs face aux problèmes qu’ils vivent. ». Il ajoute « Dans ce trio, les deux premières figures sont bien connues alors que la troisième ne semble pas aller de soi, puisque l’usager arrive, en général, en fin de processus. C’est à ce point qu’intervient la spécificité de la maîtrise d’usage qui ouvre la possibilité de nommer la démarche formelle qui va permettre d’écouter puis de prendre en compte la parole de l’usager dans le processus d’élaboration d’un projet. »

Comment faire en sorte que les investissements publics consentis soient conçus pour non seulement répondre aux usages des populations sur les territoires, mais au delà, de permettre aux fonctions initiales anticipées d’évoluer en fonction des contextes ?

Sur le fonctionnement, comment rendre plus participatif le fonctionnement des équipements publics ? Comment confier du pouvoir d’agir à ceux qui fréquentent les établissements publics, comment les impliquer dans leur gestion ? Si les bibliothèques sont les équipements qui ont le plus expérimenter ces questions, comme ce livre de Raphaëlle Bats en témoigne, force est de constater que la gouvernance des établissements publics reste désespérément pyramidale.

Quelles formes concrètes? Quels exemples?

France tiers-lieux, expression d’une politique publique des tiers-lieux et une bonne manière de les découvrir

Accueil France Tiers-Lieux, association nationale des tiers-lieux

Espaces de coworking, fablabs, repair’cafés, fabriques de recherche, friches culturelles, tous ces tiers-lieux ont en commun de réunir plusieurs activités, de participer au développement économique d’un territoire et d’animer une communauté de personnes qui y travaillent et y vivent.

Article très complet et vraiment intéressant sur la notion de maîtrise d’usage lors de la conception d’équipement

http://www.la27eregion.fr/quand-il-y-a-du-mou-dans-la-maitrise-dusage/

Movilab, l’encyclopédie ultime des tiers-lieux

https://movilab.org/wiki/Accueil

 

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